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Séminaire des doctorant·e·s

Le séminaire HypoThèse est le séminaire organisé par les doctorant·e·s du Centre Gilles Gaston Granger.

Chaque séance se déroulera un mardi par mois à la Maison de la Recherche de 16h à 18h (salle 3.43).

À chaque fin de séance, un moment convivial est prévu.

Ce séminaire peut être ouvert à d’autres laboratoires (LPL, LCP, CIELAM...) ainsi qu’aux masters 2.

Organisatrice : Boisseau Éloïse

Contact : eloise.boisseau@univ-amu.fr



Programme 2022-2023


 8 novembre 2022

  • Vanessa Weihgold : « Les émotions écologiques : un conflit culturel ? »

Résumé : L’hypothèse de ce travail est que de nombreux récits de vie appropriés en Europe occidentale sont en contraste avec un mode de vie durable. Le changement climatique et la dégradation de l’environnement provoquent une dissonance cognitive (valeurs intérieures contre action extérieure) accompagnée d’une dissonance émotionnelle (urgence contre calme) avec cette culture acquise. L’expérience émotionnelle de l’urgence par rapport au changement climatique avec une divergence simultanée entre l’état actuel et l’état souhaité est illustrée par les émotions dites écologiques. Pour répondre à la question de recherche, nous allons d’abord clarifier les fondements théoriques et revoir les définitions générales sur lesquelles ce travail est basé. Ensuite, les questions du discours social et de la dissonance cognitive et émotionnelle seront explorées. Dans une deuxième partie principale, sera exposé brièvement le travail collectif de mémoire (kollektive Erinnerungsarbeit) selon Frigga Haug d’après lequel a été organisé un atelier à Tübingen. Puis, après avoir présenté les expériences quotidiennes présentées dans cet atelier, celles-ci seront mises en discussion avec la théorie présentée avant.


  • Fabien Carbo-Gil : « Avez-vous déjà vu un énoncé indécidable ? »

Résumé : Les théorèmes d’incomplétude de Gödel sont assez bien connus des philosophes. Tout système formel permettant de formaliser l’arithmétique est incomplet : il existe des propositions vraies qui ne peuvent être démontrées dans ce système. Cette incomplétude touche donc la théorie arithmétique de Peano, la théorie des ensembles ZFC et plus largement toutes les théories prétendant fonder les mathématiques. Mais quels sont vraiment ces théorèmes indémontrables ? Où se situent-il dans l’univers mathématique ? L’indécidabilité ne touche-t-elle que des énoncés pathologiques fabriqués pour être indémontrables ou bien concerne-t-elle des problèmes qu’un mathématicien pourrait être amené à étudier en ignorant leur statut particulier ?
Ces questions ont été étudiées au cours des 80 dernières années par différents mathématiciens. Leurs travaux qui nous informent sur la portée du phénomène d’incomplétude, notamment en théorie des ensembles, sont généralement moins connus des philosophes. Nous présenterons donc quelques exemples d’énoncés indécidables et nous ouvrirons la discussion sur l’impact de ces résultats sur les perspectives futures concernant l’axiomatisation des mathématiques.


- 11 octobre 2022

Éloïse Boisseau : « De quoi les machines sont-elles capables ? ».

Résumé : Les actions réalisées par des machines ne sont pas toujours faciles à caractériser. Des phrases comme « le grille-pain a grillé le pain » et « la calculatrice a calculé le résultat » doivent-elles être comprises de la même façon ?
En m’appuyant sur la distinction bien connue établie par Wittgenstein (1958) entre deux types d’interrogations concernant les machines – à savoir les questions logiques (« Est-il possible pour une machine de penser ? ») et les questions empiriques (« Une machine peut-elle liquéfier un gaz ? ») – je chercherai à éclairer la question de la qualification des actions des machines en m’attardant sur les descriptions de leurs actions et de leurs pouvoirs. Je défendrai la thèse selon laquelle il est nécessaire de distinguer plusieurs régimes logiques en ce qui concerne l’attribution d’actions à des machines. Je dresserai notamment un contraste entre des actions que je qualifierai de non-intellectuelles (laver, percer, broyer, etc.) d’une part, et d’intellectuelles (traduire, lire, calculer, etc.), d’autre part. Je chercherai à montrer que bien que les premières puissent être littéralement attribuées aux machines, les secondes, en revanche, ne peuvent l’être que de manière métonymique (dérivée).

Le programme complet à télécharger :

Programme complet – Séminaire Hypothèse