Soutenance de thèse Simon Beyne

Mr Simon Beyne présentera ses travaux de soutenance le 20 décembre 2023 à 14 h, à l’UFR ALLSH - 29 avenue Robert Schuman - 13621 Aix-en-Provence cx 1 - Pôle Multimédia, Salle de Colloque 2.



Titre des travaux : Analyse épistémologique du cas de la matière noire. Sur la place de l’observation scientifique dans l’engagement ontologique.

Résumé : à venir

Dépot de soutenance :

Dépot de soutenance

Résumé


Nous proposons une analyse épistémologique du cas de la « matière noire », un objet qui se révèlerait par l’importance des phénomènes gravitationnels observés en astrophysique et en cosmologie.
Nous refusons d’introduire la matière noire en tant qu’ « objet théorique » et soutenons sa nature observable. L’observation consisterait en une chaine d’interactions physiques accueillie par un contexte épistémique.
Les observations des « masses manquantes » Neptune et Vulcain au XIXe siècle offrent un matériel de référence pour une épistémologie comparée ; elles sont des anomalies gravitationnelles appelant à une hypothèse ad hoc. Cependant, notre analyse du contexte épistémique des années 1930 (notamment les travaux de Fritz Zwicky) montre que la matière noire ne correspond pas à ce schéma. Observer ses effets n’était pas une anomalie. Et elle était déjà une pièce réunissant un puzzle entre des données astrophysiques et des motivations cosmologiques.
L’hypothèse contemporaine de la matière noire est assez diversement « connectée » à l’ensemble de nos connaissances astro/cosmologiques pour être le cœur de notre toile épistémique. Il existe des façons indépendantes de déterminer une même valeur de la densité de matière noire dans l’univers. Cette détermination multiple mène à un argument de la non-coïncidence en faveur de l’existence de la matière noire : il ne serait pas raisonnable de croire que des déterminations indépendantes convergent par erreur vers cette même valeur de densité de matière. Pour évaluer cet argument, la nature de « l’indépendance » des déterminations est examinée. Notre évaluation conclut qu’on ne peut pas expliquer cette concordance sans accorder une certaine part de vérité transparadigmatique au contenu de l’hypothèse de la matière noire.
La stratégie de la détermination multiple est aussi déployée par des partisans d’un modèle alternatif à la matière noire, MOND (MOdified Newtonian Dynamics), consistant à modifier nos lois plutôt qu’envisager la présence de matière invisible. Cette stratégie a été un succès : on ne peut pas expliquer la concordance des déterminations indépendantes de l’unique paramètre de ce modèle sans lui accorder une autorité épistémique.
Nous contestons les arguments épistémologiques des partisans de MOND, dont ceux qui dénonceraient l’emploi de stratagèmes conventionnalistes poppériens pour conserver le modèle de matière noire. Plutôt que d’opposer les deux pistes de recherche, nous suggérons d’orienter nos investigations selon les éléments déterminés de manière multiple par les deux modèles.
Nous concluons que la « matière noire » doit signifier un « problème » et non une « matière ». Néanmoins, l’engagement ontologique dont on doit faire preuve à l’égard de la matière noire reste fort : il est dirigé par les éléments robustes du contenu épistémique habité par le problème de la matière noire.

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