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Michel Le Du, Professeur AMU et chercheur au Centre Granger,
publie un article dans la revue Philosophie n° 152 aux Editions de Minuit, intitulé « La conscience est-elle de glace ».

Résumé

Ici traduit en français pour la première fois, par Arnaud Dewalque l’essai d’Oskar Kraus sur Le Besoin (1894) est une application de la psychologie descriptive brentanienne à l’économie. On définit parfois l’économie comme le système des besoins humains. Mais qu’est-ce qu’un « besoin » ? Qu’est-ce qui distingue les besoins humains au sens fort des simples privations et des instincts animaux ? Et quelles sont les différentes classes (ou types) de besoins ? Contre les théories hédonistes, Kraus soutient que tous les besoins ne sont pas tournés vers l’obtention du plaisir ou la suppression du déplaisir. Il présente ainsi une analyse descriptive plus riche des phénomènes volitifs ou conatifs.
Dans « Décrire n’est pas tout : Kurt Lewin sur l’émotion », Denis Seron s’intéresse au psychologue Kurt Lewin, qui dans les années 1920 avait proposé une approche originale et féconde des émotions, qui se distingue par trois prises de position : d’abord, il rejette la méthodologie analytique ; ensuite, il en appelle à une psychologie des émotions qui soit génétique, causale et dynamique ; enfin, la psychologie des émotions doit selon lui être psychophysique, à savoir ancrée dans l’expérience interne autant qu’externe. La psychologie des émotions de Lewin s’oppose, sur ces trois points, à l’approche de psychologues tels que Titchener et les brentaniens, laquelle est analytique, statique et introspectionniste.
Le texte de Michel Le Du, « La conscience est-elle de glace ? », est centré sur le concept d’émergence, qui a été utilisé durant les dernières décennies par différents philosophes de l’esprit, notamment dans le but de livrer une interprétation de la relation corps-esprit évitant à la fois le dualisme et le réductionnisme ; John Searle a ainsi expliqué, à différentes reprises, que la conscience et l’intentionnalité étaient des propriétés émergentes du cerveau. Le but de l’article est de montrer que cette approche apporte une réponse ontologique à une question dont les termes mêmes témoignent, en premier lieu, d’une confusion conceptuelle.
Dans l’article « Anselme et l’actualité » (1970), David Kellogg Lewis (1941-2001), propose une analyse critique de l’argument ontologique développé par Anselme de Cantorbéry afin d’illustrer la teneur et la portée de sa thèse centrale, le réalisme modal. Récusant la conception ordinaire qui assimile l’existence réelle à l’actualité, Lewis montre que cette dernière est en réalité une notion indexicale : tout comme « ici », « maintenant » ou « ceci », elle n’acquiert en effet sens et signification qu’en vertu de son contexte d’énonciation. Désolidarisée de l’existence effective, l’actualité ne désigne alors, selon Lewis, qu’une étroite région du vaste royaume des possibles : celle qu’il se trouve que nous habitons.
Dominique Pradelle

Sommaire

Oskar Kraus
Le besoin : une contribution à la psychologie descriptive
Présenté et traduit par Arnaud Dewalque

Denis Seron
Décrire n’est pas tout : Kurt Lewin sur l’émotion

Michel Le Du
La Conscience est-elle de glace ?

David Kellogg Lewis
Anselme et l’actualité
Traduit et présenté par Fabrice de Salies