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Retour sur la journée Obert du 24 avril 2018


Le projet OBERT « Observatoire européen des récits du travail » cible la diversité des formes de représentations, écrites, filmiques ou plastiques autour du travail contemporain. Nous avons retenu la question de la mise en récit des praxis professionnelles comme une porte d’entrée commune aux différentes approches disciplinaires des SHS, pour analyser les formes, les enjeux et les mutations du travail contemporain et créer un espace de recherche collectif au sein de la fédération CRISIS.
Ce projet OBERT a reçu le label « Initiatives » CRISIS et il est ouvert à tous les chercheurs de la fédération.

Une première journée d’études, intitulée « Dire le travail contemporain : Quels récits, quels usages, quelles méthodes ? », a eu lieu le 24 avril dernier à la Maison de la Recherche (ALLSH, AMU). Les participants ayant répondu à notre appel étaient issus de différents laboratoires de la Fédération CRISIS (CAER, Centre Gilles Gaston Granger, LPL, PSYCLE et ECHANGES) et nous avons pu accueillir également un chercheur italien résident à l’IMERA et deux chercheurs du laboratoire ADEF d’AMU.

Après une introduction assurée par Agnès Delage (CAER / Telemme), qui posait la question des « récit de travail » / « récit du travail », l’ensemble des communications présentées nous a permis de mesurer la validité de notre pari scientifique initial et du choix d’aborder la question du travail par le biais des formes de mise en récits contemporaines. Nous avons d’ailleurs pris davantage la mesure de l’ampleur de la tâche et nous avons pu construire collectivement, grâce au débat conclusif, des pistes d’organisation des orientations de notre réflexion à venir, pour l’année 2018/2019.

Nous pouvons principalement distinguer deux groupes de contributions pour cette première journée d’études de l’OBERT :

- un premier groupe de chercheurs a abordé principalement le rapport entre fictionnel et non-fictionnel, comme point de départ pour analyser le rôle du récit dans les différentes typologies de narration du travail. Enrico Donaggio (IMERA/Université de Turin) nous a invité à réfléchir sur le récit philosophique et sur la puissance des écrits de Marx et Simone Weil pour comprendre les enjeux du travail dans la structure du capitalisme. Carlo Baghetti (CAER) a présenté un exemple d’analyse d’un récit littéraire sur le travail, à partir d’une étude du roman de Vitaliano Trevisan : « Works ». Catherine Teissier (ECHANGES) a proposé une étude de cas au travers de l’analyse d’une série de BD portant sur le travail. Carmela Lettieri (CAER) nous a invité à réfléchir, à partir de matériaux hétérogènes (images, dialogues, analyses) d’un choix d’archives de télévision, autour des différences possibles entre ce que l’on indique par « récits » et/ou « discours » de et du travail ; ce que les images peuvent en dire et quelles représentations peuvent se construire et se transmettre.

- Une deuxième série de communication s’est organisée autour de recherches davantage centrées sur une analyse des récits des travailleurs dans les milieux professionnels. Dans ce cadre, les récits sont appréhendés comme outils de compréhension, d’explicitation et de développement des situations de travail co-écrits ou co-constitués (dans le cadre des expériences de récits oraux) par les chercheurs et les professionnels. Ingrid Dromard (Centre Granger) a analysé la double fonction du récit – à la fois explicatif et moyen de partage entre catégories professionnels – qu’elle a pu voir se dessiner dans la mise en place des « groupes
de rencontres de travail », dans le cadre d’une étude portant sur le travail social dans une institution publique.

Pierre-Alain Filippi, Marie-Christine Félix (ADEF) et Mariagrazia Cairo (Centre Granger) ont illustré, par des récits de formateurs d’enseignants, les multiples tensions constitutives de la mission d’encadrement. Les récits relatent à la fois les traces d’activité et mettent en exergue les contradictions du « dispositif », instrument de pouvoir et producteur de savoirs.

Gilbert Conil (Centre Granger) a étudié les enjeux de l’écriture de l’oralité du travail, en passant par l’analyse du récit qui transforme, en un sens, la « réalité » du travail. Dans cette série de communications, nous pouvons également inscrire celle de Adam Wilson (LPL), Claire Gaudin (PSYCLE), Cécile Bianchi (LERMA), qui nous ont fait partager le bilan des séminaires du projet RapTraC, menés tout au long de l’année, consacrés aux rapports entre travail et communication.

À la croisée des deux groupes thématiques de communications, signalons le travail collectif présenté par Edith Galy (PSYCLE) : « Les scènes romanesques de description des situations de travail : un support pour la modélisation en ergonomie ». Ce projet a réuni des ergonomes et des littéraires dans le but de construire des modèles explicatifs des situations de travail à partir d’une analyse de textes littéraires sur le travail.

La richesse des débats et la multiplicité des pistes possibles à parcourir nous a conduit à la décision d’organiser un cycle de séminaires OBERT dès la rentrée 2018. Ce séminaire se donne pour objectif de lire des textes en proposant à chaque séance, à deux chercheurs issus de disciplines différentes, d’aborder un même objet ou un même thème à partir de leurs approches disciplinaires respectives pour ouvrir un espace de travail commun.

Pour visualiser l’intégralité des photos de cette journée, cliquez ici
Crédits photos : S. Pons - Centre Granger - 24/04/2018}


Compte rendu de la journée
Programme détaillé

Une deuxième journée d’études OBERT est prévue en décembre 2018, puis une autre en décembre 2019.

Un workshop aura lieu en mai 2019 pour mettre en place un colloque international OBERT en juin 2020.